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Et si on testait une comédie grinçante ? Focus sur Inside No. 9

inside-number-9-logoJe n’aime pas les comédies. J’aime rire devant une série mais je suis, à de très rares exceptions près, incapable d’apprécier une œuvre dont le but principal, voire unique, est de me faire rire. Pour qu’une série me plaise il me faut en général du drame, des bromances, des surprises, des personnages ambigus, de l’horreur, du fantastique ou du magique. Si l’humour est toujours très apprécié à petite dose, j’ai une forte tendance à décrocher lorsque j’ai l’impression que les scénaristes sont payés au nombre de décibels des rires du public. Heureusement, pour les gens comme moi, il existe un type de comédie très particulier : les comédies britanniques.

 

Pas toutes bien sûr. Elles sont parfois très lourdes (je ne leur ai toujours pas pardonné Benny Hill !), difficilement compréhensibles pour une autre culture, trop absurdes à mon goût ou tout simplement ratées. Mais ce qui m’a toujours fascinée est la capacité des Britanniques à nommer « comédie » une œuvre qu’un autre pays classerait sans hésiter dans les dramas. Une comédie britannique peut être n’importe quoi, de la sitcom la plus classique au drame le plus sombre, tant qu’au moins une partie de ses épisodes vise à amuser. Inside No. 9 est donc clairement une comédie britannique.

 

Inside-No.-9-jaquetteDiffusée par BBC 2 entre février et mars 2014, Inside No 9 a été créée par Reece Shearsmith et Steve Pemberton. Ces deux scénaristes sont également les auteurs/acteurs, avec Mark Gatiss, de la très absurde, dérangeante et culte série League of Gentlemen et, sans ce dernier, de là non moins dérangeante comédie Psychoville.

 

Je n’ai au départ pas été très tentée de tester Inside No. 9 : j’ai regardé une bonne partie de League of Gentlemen et, si j’admets tout à fait que le scénario est très imaginatif et que je suis assez bluffée par la performance d’acteur du casting, la série est franchement trop loufoque pour moi. Psychoville (dont je n’ai vu que la première saison) m’a déjà plus intéressée mais sans m’emballer plus que cela. Le format très court de Inside No. 9 (6 épisodes d’une demi-heure et un mini épisode interactif en ligne) et surtout le lobbying assidu d’une copine (Isabelle, tu t’es reconnue…) m’ont néanmoins convaincue de consacrer une petite partie de mon temps à tester Inside No. 9 durant une soirée d’ennui. Le lendemain, j’avais tout vu. Que s’est-il passé ?

 

inside no 9 episode 1Pour comprendre ma réaction, il faut déjà savoir que Inside No. 9 est une anthologie. Le seul rapport entre les épisodes est le fait qu’ils se déroulent en Angleterre dans le numéro 9 d’une rue et que le contenu est très dérangeant. Concrètement, cela signifie pour le poisson rouge que je suis n’a pas eu à se concentrer trop longtemps sur l’intrigue et les personnages. De plus, que ce soit pour plaire au plus grand nombre ou pour le plaisir de s’amuser avec le plus de jouets possibles, il semblerait que les scénaristes aient mis un point d’honneur à rendre chaque épisode très différent du précédent ; tous en revanche peuvent être résumés de la même manière par un « eeeeeeeeeeeerk ! » bien sonore.

 

Il s’agit bien d’une comédie dans le sens où l’on rit souvent (nerveusement en général) et où certains épisodes (le 2 en particulier) reprennent les codes les plus classiques de l’humour. Cela dit, si j’étais à la tête de la BBC, j’aurais personnellement classé cette série exactement dans la même case que l’excellent (et difficilement classable justement) Black Mirror. Hélas, la catégorie « marrant mais ultra-dérangeant et qui pousse à la réflexion sur notre mode de vie » n’existe pas encore. Appelons donc ça comédie.

 

inside no 9 episode 2Afin de vous donner un avant-goût de l’œuvre, je vais maintenant résumer chaque épisode : une grande partie de l’attrait de la série reposant sur ses nombreux coups de théâtre, je serai bien sûr très brève. Durant l’épisode 1, quelques gens huppés se livrent à une partie de « Sardine » dans un manoir à l’occasion de fiançailles. Pour ceux qui ne connaissent pas cette variante de cache-cache, une seule personne se cache et le reste des participants doivent la trouver ; lorsque l’un d’eux y parvient, il doit alors la rejoindre dans sa cachette et attendre d’être trouvé à son tour. Le « caché » de l’épisode s’étant réfugié dans une armoire, celle-ci se retrouve de plus en plus comblée au fil du jeu et certains drames se dévoilent dans ce huis-clos étouffant. Le deuxième, à l’ambiance complètement différente, nous montre une tentative de cambriolage dans une maison huppée : amateurs de vaudeville, cet épisode est pour vous.

 

inside no 9 episode 3Le troisième, le plus proche de la catégorie drama mais pour moi le moins réussi malgré quelques bonnes trouvailles, suit la vie d’un professeur essayant de percer dans le monde de la littérature et découvrant un SDF qui va changer sa vie. Dans le quatrième, mon favori, une star invitée pour les besoins d’une émission à l’anniversaire d’une petite fille très malade décède accidentellement, révélant ainsi la véritable nature des témoins de l’accident. Le cinquième épisode se déroule dans le monde très compétitif du théâtre durant une mise en scène de Mac Beth et le sixième s’amuse avec tous les clichés de l’horreur et du gothique.

 

Comme je le disais précédemment, si j’avais dû deviner qui était le scénariste de cette série, j’aurais sans hésiter parié sur Charlie Brooker, l’auteur de Black Mirror, Dead Set et A touch of Cloth. L’épisode 4 en particulier, débordant de cynisme, semble tout droit sorti de Black Mirror. Reece Shearsmith et Steve Pemberton m’avaient habituée à des séries bien plus loufoques et moins structurées et, si l’on retrouve clairement dans cette série beaucoup d’exemples de leur type d’humour favori (l’absurde et le grotesque), elle reste de loin pour moi leur œuvre la plus accessible pour un public non britannique et clairement ma favorite.

 

inside no 9 episode 6De plus, Reece Shearsmith et Steve Pemberton étant reconnus et appréciés dans le monde de l’audio-visuel british, ils ont pu attirer une belle brochette d’acteurs qui ravira les amateurs de séries anglaises ; comme pour Black Mirror, il est fortement déconseillé de tenter un drinking game sur le thème « buvez à chaque visage connu ». Comme à leur habitude, au moins un des scénaristes (en général les deux) joue dans chaque épisode mais sans forcément s’approprier les rôles principaux. Ils sont rejoints par Timothy West (Exile, Bleak House) Oona Chaplin (Game of Thrones, The Hour), Katherine Parkinson (The IT crowd), Conleth Hill (Game of Thrones), Tamsin Greig (Shaun of The Dead, Black Books, Episodes) et tant d’autres.

 

Pour conclure, je vous conseille fortement de sacrifier trois heures de votre temps pour découvrir l’excellente surprise qu’est Inside No. 9. C’est drôle, cynique, surprenant, un peu écœurant et chaque épisode est tellement différent des précédents que vous trouverez forcément votre bonheur devant au moins l’un d’entre eux. De plus cela ne vous coutera pas bien cher, le dvd est disponible à 10 euros sur Play.com. Comme d’habitude, n’hésitez pas à laisser vos commentaires sur l’article ou la série.

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