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Et si on abandonnait la subtilité ? Focus sur A touch of Cloth

équipe touchComme vous le savez, ces dernières années, la mode est aux séries policières sombres et étouffantes : la télévision britannique en propose une flopée, pour la plupart d’excellente qualité… dont je ne vais pas vous parler ici. En effet, même si je ne nie pas les qualités certaines de ce type de séries, j’ai énormément de mal avec leur rythme souvent bien trop lent pour le poisson rouge accro au zapping que je suis. Heureusement Charlie Brooker, créateur de l’excellent Black Mirror auquel j’ai déjà consacré un article, n’est pas vraiment du genre à suivre la mode mais adore en revanche la parodier : ainsi naquit A touch of Cloth, petit alien télévisuel que seul un britannique pourrait pondre.

 

Diffusée en 2012 sur Sky1 (oui, il m’arrive de regarder autre chose que la BBC), A touch of Cloth suit les enquêtes de l’inspecteur Jack Cloth (John Hannah, Spartacus: Blood and Sand, 4 mariages et un enterrement) , un policier naguère excellent mais que l’assassinat de sa femme a transformé en alcoolique cynique et violent et dont son commissaire, Tom Boss (Julian Rhind-Tutt , Banished, The Hour, Lucy), souhaiterait fort se débarrasser. Sur les ordres de ce dernier, il se retrouve à devoir faire équipe avec une dynamique collègue, Anne Oldman (Suranne Jones, Coronation Street, Doctor Foster, Scott & Bailey), une bisexuelle cherchant avec sa compagne à adopter un enfant. Ils sont bien sûr aidés par une équipe de choc : les fidèles policiers Asap Qureshi (Navin Chowdhry, Teachers, Doctor Foster) et Des Hairihan (Adrian Bower, Teachers, Mount Pleasant) et la légiste sexy, amoureuse du héros, Natasha Sachet (Daisy Beaumont, The Border, Star Stories). Tout cela semble un tantinet caricatural ? C’est voulu !

 

 

cloth oldman

Pour vous représenter le style de la série, essayez d’imaginer un croisement entre La Cité de la Peur, Hot shot et Y’a-t-il un pilote dans l’avion ? . Vous l’avez compris, les amoureux de l’humour fin et subtil ne sont pas forcément le public visé, ce qui ne veut pas dire cependant qu’ils ne vont pas y trouver leur compte de temps à autres. En effet, cette série touche à peu près à tous les types de comique possibles avec un débit d’environ un gag toutes les dix secondes, et je n’exagère pas. La suite de l’article vous en présentera quelques-uns mais n’ayez pas peur d’être spoilés : il ne s’agit que d’un minuscule échantillon de l’avalanche qui vous attend si vous donnez une chance à la série.

 

Le type de comique le plus représenté et sans doute le plus gras est le jeu de mot : quasiment tous les noms de personnages sont ainsi prétexte à des double-sens tous plus lourds les uns que les autres. Anne Oldman (prononcez « an old man » et imaginez les quiproquos qui s’ensuivent), le chef (il s’appelle Boss), le policier Asap (abréviaition de « As soon as possible » c’est-à-dire le plus vite possible, qui ponctue la plupart des ordres de chefs dans les séries policières) mais surtout Cloth lui-même et ce dès le titre de la série (« to touch cloth » signifie avoir une envie pressante). Ce dernier a droit en moyenne à trois ou quatre jeux de mots sur son nom par épisode, en général de la part de son chef. Les protagonistes occasionnels ont en général eux aussi un nom propice aux jeux de mots, de même que les noms de lieux. Enfin, la légiste amoureuse de Cloth parle presque exclusivement en double-sens sexuels très osés et presque toutes les expressions utilisées sont prises au moins une fois au pied de la lettre. Tout amusant que ce soit (et ça l’est très souvent), ce n’est pas l’aspect le plus subtil de la série.

 

Série britannique oblige, A Touch of Cloth joue surtout beaucoup sur l’absurde. Les exemples sont encore une fois innombrables, je choisirai donc celui d’Asap, qui tient le rôle traditionnel du sous-fifre chargé de récolter les informations sur les victimes. C’est un rôle qu’il remplit fort bien puisqu’il fournit un assortiment de détails impressionnant… en grande majorité parfaitement inutile et/ou qu’il n’a aucun moyen de connaître.  Voici une partie de sa description de la première victime : « Victim's an Albert Thomas Stafford, World War II veteran. 85 years old. Not been seen all week. Lived alone. (...) Preferred to get around by walking, which he did by placing one foot on the ground before transferring his weight to the opposing leg. Kept himself to himself. Never been found dead before, so this is out of character.” [La victime est Albert Thomas Stafford, vétéran de la deuxième guerre mondiale. 85 ans. N'a pas été vu de toute la semaine. Vis seul. (…) Utilisait rarement les transports en public. Préférait circuler en marchant, ce qu'il faisait en plaçant un pied sur le sol avant de transférer son poids sur la jambe opposée. Il se tenait à carreau. N'a jamais été trouvé mort auparavant, donc ce n'est pas dans sa personnalité.]

 

exemple de gag visuelMais ce qui est je pense mon type favori d’humour dans cette série est le jeu constant sur le quatrième mur, plus mis à mal en cinq minutes d’épisode que dans toute une saison de Supernatural. La série joue ainsi sur tous les clichés du genre policier : héros sombre et torturé toujours à la limite de franchir la ligne rouge, violences policières et méthode du bon flic/mauvais flic durant les interrogatoires, personnage qui fait passer le travail avant sa vie de famille, pression de la hiérarchie… Quant-aux obligatoires courses poursuites, disons que la première d’entre elle rappellera de bons souvenirs aux fans de La Cité de la peur.

 

Non seulement on ne nous épargne aucun lieu commun du genre policier mais tous les personnages semblent en être parfaitement conscients. L’équipe se retrouve par exemple à un moment en train d’interroger un groupe de touristes danois… « taking a break from all that depressing crime they gets back home” (faisant une pause pour se remettre de tous ces crimes déprimants qu’ils ont chez eux). En fait, tous les personnages semblent parfaitement réaliser qu’ils sont les personnages d’une série télévisée… et sont capables d’utiliser le format de celle-ci à leur profit. Par exemple, le chef ordonne à Cloth et Oldman de profiter de la pause pub pour aller d’un lieu à l’autre, cette dernière fait à un moment remarquer qu’ils n’ont plus qu’une vingtaine de minutes avant le générique de fin pour résoudre l’enquête et plusieurs personnages commentent carrément (en général pour s’en plaindre) les qualités d’écriture du scénario.

 

Enfin, une grande partie de l’humour de la série est visuel. Plus précisément, il est écrit. Regardez en détail TOUS les posters, journaux et panneaux des épisodes car l’immense majorité contient une petite blague pour le téléspectateur attentif. Destruction systématique de quatrième mur oblige, certaines de ces blagues sont personnellement adressées à ceux qui font tout pour ne rater aucun détail : ainsi, on peut remarquer brièvement sur un panneau qu’un des services de l’hôpital est consacré aux gens souffrant de TOC liés au bouton pause.

 

 

jaquette

Pour conclure, A touch of Cloth est un incontournable pour les amateurs de parodies. Vous l’aurez compris, ce n’est pas toujours très fin mais vu l’énorme quantité de gags que propose la série il y en aura forcément une partie qui vous fera rire. Autre point positif, cette série est très courte : trois saisons ne contenant à chaque fois que deux épisodes de 45 minutes, chacune centrée sur une enquête différente.

 

En revanche, un niveau d’anglais correct est préférable pour cette série, non seulement afin de comprendre les innombrables jeux de mot et double sens souvent intraduisibles (je conseille d’ailleurs les sous-titres anglais, ceux en français ne pouvant tout retranscrire) mais aussi pour apprécier les références culturelles assez fréquentes. Par exemple, le premier épisode est plus amusant si l’on sait qui sont Stephen Fry et, surtout, Piers Morgan même si ce n’est pas du tout obligatoire pour apprécier l’épisode. De même, quelques personnalités du petit écran viennent faire des caméos de temps à autre et les personnages font alors parfois référence aux émissions que ces derniers présentent.

 

Cela dit, pour ceux d’entre vous qui ne possédez pas ce niveau d’anglais et même si c’est bien la première fois que je propose cette solution, sachez qu’il existe une version française : Close Case : affaires classées, que vous avez peut-être pu découvrir sur France 4. N’étant en générale pas très fan des vf je n’ai testé que le premier épisode mais j’ai trouvé l’adaptation tout à fait correcte, ce qui m’a d’ailleurs étonnée vu la difficulté à traduire une série de ce type : il est donc tout à fait possible de découvrir A touch of Cloth par ce biais.

 

Comme d’habitude, n’hésitez pas à dire en commentaire ce que vous avez pensé de la série et/ou de l’article. Je finirai en vous conseillant encore une fois les autres œuvres de Charlie Brooker, qui est pour moi un des meilleurs scénaristes britanniques actuels : l’excellent Black Mirror bien sûr mais aussi la moins connue Dead Set où des participants à Loft story se retrouvent à devoir essayer de survivre à une apocalypse zombie et enfin l’émission Charlie Brooker's Weekly Wipe, résumé satirique des nouvelles de la semaine.

Commentaires   

0 #1 Un vieil homme 27-10-2015 19:07
C'est effectivement une très bonne série. C'est vraiment drôle, pas long (avantage qui évite les gags trop répétitifs) et on se laisse bien porter par les gags assez bien trouvés, même si ce n'est pas subtil comme Tyr l'a dit dans cet article.
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