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Et si on regardait... Indian Summers ? (ou pas !)

Indian SummersAlors que l’été se termine et qu’il est temps de faire sa rentrée[1], je vous propose de visionner une série qui parle de… l’été indien. La saison s’y prête et il est temps de penser aux vacances de l’été prochain, parce que penser au passé n’a jamais mené nulle part. Ah si, des militants de la Manif pour tous m’appellent dans l’oreillette en disant que l’avenir est le passé, au temps pour moi. Bref, Indian Summers, keskecé ? C’est une série britannique de Channel 4, diffusée outre-Manche entre 2015 et 2016 et qui comporte une vingtaine d’épisodes de quarante-cinq minutes chacun. Le sujet de la série porte sur la fin de la domination britannique en Inde. Au casting, on retrouve essentiellement Rachel Griffith (Six Feet Under ou Brothers and Sisters) ainsi que Julie Walters. En un mot, c’est le Downton Abbey de la fin du Raj britannique.

 

La première chose qui nous frappe est purement financière. Chaque plan, chaque scène est le reflet d’une reconstitution minutieuse et patiente de la part des scénaristes et de la production. On se laisse porter d’histoire en Histoire et l’on sent le poids de celle-ci lorsqu’on cherche à nous transporter une fresque parlant d’une époque révolue[2]. L’histoire débute en 1932 dans un train qui amène l’administration britannique à Simla, dans les contreforts himalayens, car à chaque été les hauts-fonctionnaires britannique fuient les villes où l’on étouffe. Ce lieu de retraite a tout d’un paradis : c’est un endroit multicolore, où la nature est verdoyante et fleurie, le tout dans des paysages vallonnés. Le titre de la série est donc assez équivoque : on parle des étés indiens, mais pas ceux où l’on ira, où tu voudras quand tu voudras, où l’on s’aimera encore lorsque l’amour sera mort[3] ; non, là, on parle juste de l’été indien de 1932 et celui de 1935 en deuxième saison.

 

De Simla, l’administration dirige l’Empire. Mais on sent tout de même que ce Raj doit faire face à celle des Indiens[4] tellement les valeurs sont dépassées. À Simla, on vit des histoires, on partage des ragots tandis que ça gronde au niveau populaire indien, qui, se dit-on, vaut mieux que deux « tu l’auras »[5]. Toujours est-il qu’on s’habitue à la servitude indienne et l’on voit des Britanniques dont le trait dépassé est forcé par les scénaristes pour ne pas tomber dans la nostalgie qui n’a pas lieu d’être ici : on y trouve ainsi comme personnages Ralph Wheelan, le secrétaire particulier de l’administrateur des Indes, sa famille, des Britanniques racistes, des Indiens représentés par Aafrin, fonctionnaire travaillant pour le Raj, et sa sœur Sooni, indépendantiste, des musulmans, hindous, hindur de la feuille[6]… Ça rappelle assez bien Downton Abbey avec des personnages de différentes conditions qui se croisent et le lieu principal est le Royal Simla Club, le principal lieu d’animation de Simla. Sa gérante n’est autre que Cynthia Coffin, interprétée par Julie Walters.

 

Et là, il faut s’arrêter une seconde. Que tous ceux qui ne voient pas qui est Julie Walters lèvent le doigt, que tous ceux qui sont dans la vibe lèvent le doigt, que toutes celles qui sont dans la vibe lèvent le doigt, que ceux qui sont assis se lèvent, suivent le pas, allez maintenant on y va. Excusez-moi, j’étais en soirée avant-hier et la rentrée en classe ce matin a un peu piqué les yeux.

 

Julie Walters, donc, c’est la vieille de la famille, sur cette image de promotion de Paddington[7].

Julie 1

 

Julie Walters, c’est la prof de danse sur cette image, tirée de Billy Eliott.

Julie 2 

Julie Walters, c’est celle qui me permet de continuer mon anaphore[8].

 

Julie Walters, c’est celle que l’on trouve ici aux côtés de Maggie Smith dans Harry Potter, dans le rôle de Molly Weasley[9].

Julie 3

 

Julie Walters, enfin, c’est l’accolyte de Meryl Streep dans Mamma Mia ! et sa suite[10].

Julie 4

 

Dans le rôle de la vieille entremetteuse ici, elle est merveilleuse. Et elle on trouve aussi Rachel Griffiths (Six Feet Under, Brothers and Sisters[11]) ainsi qu’Henry Lloyd-Hughes qui est très bon en secrétaire de l’administrateur des Indes. Il y a toutefois, malgré un décor bien fait, un petit problème : on a une gestion assez maladroite de rebondissements qui sortent parfois de nulle part. Il y a également quelques temps morts qui auraient pu être optimisés au niveau scénaristique.

 

Cependant, on prend plaisir, dans Indian Summers, à voir une classe dirigeante aveugle qui est au bord du précipice et qui est persuadée qu’il faut faire un grand pas en avant. On voit la chute de cet empire, morceau par morceau, pendant vingt épisodes. On assiste petit à petit au changement[12].

 

Il n’y aura pas de troisième saison, même si celle-ci était prévue par les scénaristes[13], mais la fin de deuxième saison peut faire office de fin de série. Les bonnes choses ont une fin et celle d’Indian Summers a eu lieu en 2016. Je l’ai découverte cette année et je ne regrette pas le temps passé devant mon écran, qui comme tous les étés, était total.

Yannou

 

P.S. Je voudrais dédicacer cette chronique et les futures à ma femme qui, en plus d’être géniale, doit supporter assez souvent mes choix en matière de séries. Merci ma chérie !

 


[1] …disait la jeune mariée.

[2] Du moins j’espère, même si certains coins du monde me laissent en douter…

[3] RIP, Joe. On t’aimera toujours.

[4] Je n’ai jamais dit que mes jeux de mots allaient cesser cette saison !

[5] Revoilà la preuve que les jeux de mots pourris continuent !

[6] Je vous ai déjà parlé de mes jeux de mots qui continuent ? Oui ? Ah bon.

[7] Paddington, avec Hugh Bonneville, qui était dans Downton Abbey. Coïncidence ? Je ne crois pas. Complot, oui !

[8] Anaphore (n. f.) : figure de rhétorique qui consiste à répéter sans cesse le même début de phrase pour un effet de style. La France entière a redécouvert cette figure de style avec un certain François H. en mai 2012.

[9] Maggie Smith qui a joué dans Downton Abbey. Coïncidence ? Non, complot, je vous dis !

[10] Big up aussi à Christine Baranski, l’autre acolyte de Meryl Streep que l’on retrouve, entre autres, dans The Big Bang Theory et dans The Good Wife.

[11] J’essaye d’oublier Sexy Dance.

[12] Du coup, le changement n’est pas maintenant comme on a voulu nous le faire croire en 2012. C’est entre 1932 et 1935 avec une classe dirigeante qui cherche à s’en mettre plein les fouilles et qui ne voit pas les problèmes sociaux. Oh, wait… Je viens de comprendre que le monde entier est de retour en 1932 : les classes dirigeantes qui ne prennent pas en compte les problèmes sociaux, la montée du populisme et des dictatures et les peuples qui se renferment sur eux-mêmes… Par contre, si un recalé des Beaux-Arts se présente aux élections, NE VOTEZ PAS POUR LUI !

[13] http://www.critictoo.com/news/indian-summers-saison-3-annulation/ consulté le 3 septembre 2018.

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