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Et si on regardait... Nobel ? (ou pas !)

NobelLe froid arrivant sur la France en cette période automnale, j’ai décidé de me mettre au chaud puis de partir en Norvège pour regarder Nobel, série qui ne coûte pas un rond mais qui parle de prix malgré tout. Nobel, keskecé ? C’est une série norvégienne diffusée sur NRK de septembre à novembre 2016, rachetée par Netflix et arrivée chez nous en septembre 2017 sur Canal +. Elle nous parle de soldats norvégiens en Afghanistan et au pays, pris dans des rouages géopolitiques à la suite d'un SMS mystérieux.

 

On est mis dedans dès le départ. Le générique commence par ces paroles de Barack Obama prononcées le 10 décembre 2009 lorsqu’on lui remettait le prix Nobel de la paix : « ne vous leurrez pas : le mal existe dans le monde. Ce n’est pas un mouvement non-violent qui aurait pu arrêter les armées d’Hitler. Aucune négociation ne saurait convaincre les chefs d’Al-Qaida de déposer leurs armes. »[1] On est donc plongé assez rapidement dans l’ambiance, dès les premières secondes de la série[2] avant un générique en noir et blanc très esthétique dont on comprend certains aspects au premier visionnage (la colombe au-dessus du corps en sang, par exemple, illustre bien le sous-titre de la série : la paix à tout prix[3]). On comprend au huitième et dernier épisode l’intégralité de ce générique. Il est rare que je parle des génériques aussi longuement (c’est vrai, quoi ! on n’est pas dans une pub de médicaments !) mais celui-ci nous met dans l’ambiance d’un épisode dès qu’on le voit.

 

Vient ensuite le début de l’histoire : Erling Riiser, un membre des forces spéciales norvégiennes (ne fais pas de blague sur les forces norvégiennes en Afghanistan, retiens-toi l’écossais !), rentre au pays après une longue mission à Kaboul. Il retrouve sa famille et reprend ses marques et s’aperçoit que son fils a du mal avec ses longues absences tandis que sa femme, Johanne, travaille au cabinet du ministre des Affaires étrangères norvégien. À peine rentré, Johanne demande à Erling de l’accompagner à un concert puisqu’elle doit y assister avec le ministre ainsi qu’une délégation chinoise au moment de solder un accord bilatéral entre les deux pays. C’est alors qu’Erling reçoit un SMS assez mystérieux l’incitant à tuer Zamani, un afghan puissant qu’il a rencontré à Kaboul, dans un parking d’Oslo. Il s’avère donc que la mission de Kaboul et les accords signés sont liés et Erling, sa femme, son bataillon, le ministre, le comité Nobel norvégien (qui décerne le prix Nobel de la paix chaque année[4]) et beaucoup d’autres se retrouvent pris dans une stratégie internationale qui les dépasse. Au cours de la série, nous faisons régulièrement des allers-retours en Afghanistan afin de mieux comprendre les liens entre l’ancienne mission de Riiser et la période du présent (à l’échelle de la série, évidemment). Ne connaissant pas la réalité de la guerre, je ne rentrerai pas dans le cliché habituel qui me ferait dire que « la vie sur le terrain des soldats est très bien représentée ». Toujours est-il que les soldats sont montrés comme des humains et non comme des bonnes poires sur qui on compte pour appliquer les ordres. Ils les remettent parfois en question (rarement cependant) et prennent des décisions difficiles afin de se sortir de situations dans lesquelles la politique les a mis. C'est le cas par exemple lors d'une partie de bouzkachi (si, ça existe, on en reparlera plus bas), ou lors d'une visite du ministre en Afghanistan car celui-ci veut à tout prix faire quelque chose de déconseillé par les soldats.

 

Il faut dire qu’avec cette série la Norvège nous présente encore un bon thriller, mélangeant la guerre, la politique et les drames familiaux de façon habile. Le choix de filmer est celui d’une caméra tremblante en permanence ou presque, ce qui n’est pas sans rappeler 24 (ou 24 heures chrono, pour les puristes) ce qui ajoute parfois de la tension mais peut aussi se révéler inutile par moments (ce n’est pas exemple pas nécessaire lorsqu’Erling et Johanne discutent pour savoir comment faire garder leur fils). On a sur un pied d’égalité les tensions internes qui mettent en danger les soldats en les accusant de meurtres ou de tirs faciles sur le terrain alors qu’en face il n’y avait pas de menace et les dangers sur le terrain avec le besoin régulier de se sortir d’une situation compliquée en Afghanistan. Par ailleurs, il se pose la question de la corruption à toutes les échelles. Quelles sont les enjeux humanitaires de la Norvège en Afghanistan ? Pourquoi envoyer des soldats ? La mécanique est assez bien huilée et nous pose de bonnes questions sur la culture de la guerre et sur celle de la paix. À quel prix la paix est-elle acceptable et selon quelles conditions ? Voilà le point central de cette série.

 

Erling Riiser se retrouve donc rapidement dépassé par autant d’enjeux. Mais il y a un petit hic : j’ai trouvé que la série fonctionnait très bien sur les quatre premiers épisodes mais ça fonctionne moins bien ensuite. Une fois que la corruption et les conflits d’intérêt commencent à être mis en lumière, on a l’impression que le soufflé retombe et que l’intrigue avance beaucoup moins bien. Certaines choses arrivent parfois à contresens : je n’ai pas vu l’utilité d’une partie de bouzkachi, par exemple (hormis m’apprendre ce que c’était : une sorte d’attrape-chèvre à cheval où le but est de ramener le cadavre de la chèvre dans son camp). Le dénouement m’a un peu déçu et j’avais presque envie de dire « tout ça pour ça ». Mais pas de spoiler, des auteurs de la série risqueraient de m’attaquer.

 

En bref, Nobel, c’est pas mal, mais il aurait été appréciable que les scénaristes tiennent la distance sur les huit épisodes. La question de la paix à tout prix se pose toutefois assez bien dans la série et nous amène à nous interroger sur notre culture de la paix et la façon de la faire. N’ayant pas de solution, je ne repartirai pas avec le prix Nobel, remporté par des noms ou des associations prestigieux tels que Kofi Annan, Barack Obama, le Comité International de la Croix-Rouge, les Casques Bleus, Al Gore, Willy Brandt, Martin Luther King Jr., le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés, l’Agence Internationale pour l’Energie Atomique, Mère Teresa, Amnesty International et Bob Dylan. Non je déconne pour Bob, lui c’était la littérature[5].

 

The Scottish

 

P.S. À la suite de cette liste de prix Nobel, une blague pourrie s’impose. Je présente par avance mes excuses (et ma démission) à la rédaction de SérieViewer à la suite de cette blague ayant fait chuter de 70% la fréquentation de ce site.

Un cheval et un âne discutent dans un pré :

-       -Salut, toi ! déclara l’âne en entamant une conversation qui, vous allez le voir, va être passionnante.

-       -Salut ! répondit le cheval en s’arrêtant à peine de manger l’herbe.

-       -Dis, comment tu t’appelles ? demanda la plus petite des deux bêtes.

-       -Laisse-moi tranquille !

-       -Mais dis-moi donc comment tu t’appelles, et je te laisse tranquille parce que la blague sera terminée ! déclara la mule.

-       -Je m’appelle Bernard, dit le cheval content de se débarrasser du parasite. Et toi ? continua-t-il dans un élan de politesse.

-       -Bob ! dit l’âne.

-      


[1] La traduction proposée ici est celle de l’article suivant, consulté le 3 novembre 2017 : http://www.lemonde.fr/idees/article/2009/12/11/barack-obama-dire-que-la-guerre-est-parfois-necessaire-n-est-pas-un-appel-au-cynisme_1279276_3232.html (faites un clic droit pour ouvrir le lien dans un nouvel onglet de votre navigateur, sinon cet article disparaîtra ; cliquez après sur le numéro de la note pour vous renvoyer au point où vous en étiez dans le corps de texte)

 

[2] La traduction des sous-titres des premières secondes n’est pas tout à fait la même sur Canal + que celle proposée dans l’article mais elle est assez similaire. Le discours étant proposé dans sa version originale en anglais dans la série, il m’a semblé plus judicieux de reprendre une traduction de 2009.

 

[3] Non-traduit dans le titre en VF. Il existe en norvégien et en anglais.

 

[4] Il est intéressant de noter que le comité Nobel norvégien ne décerne que le prix Nobel de la paix. Les autres prix Nobel sont décernés par des institutions suédoises. C'est comme cela depuis l'exécution du testament d'Alfred Nobel et la naissance des prix Nobel.

 

[5] Je ne dis pas que des conneries : http://www.lemonde.fr/prix-nobel/article/2016/10/13/le-prix-nobel-de-litterature-2016-est-decerne-a-bob-dylan_5013052_1772031.html, consulté le 3 novembre 2017. Apparemment, « Il est extrêmement doué pour la rime. C’est un sampleur littéraire qui convoque la grande tradition et peut marier de façon absolument novatrice des musiques de genres différents, des textes de genres différents. » selon Sara Danius, la secrétaire générale de l’Académie suédoise, en charge des Nobel. À voir. Enfin, à entendre. Bref, ce sont les Suédois qui gèrent le prix Nobel de littérature et les Norvégiens le prix Nobel de la paix, donc je ne sais pas pourquoi j’en parle. Peut-être simplement pour placer ma blague en post-scriptum. On le ne saura probablement jamais car comme Bob le dit si bien, "la réponse, mon ami(e), est soufflée dans le vent. La réponse est soufflée dans le vent."

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