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Doctor Who 10x02 Smile

Doctor smileyCet épisode avait pour moi –et beaucoup d’entre vous je pense- un rôle assez crucial qui rend d’ailleurs son titre tout à fait pertinent : me faire oublier pendant 45 minutes les élections présidentielles. Je dois admettre que si la bande annonce m’avait paru tout à fait sympathique, le fait que le scénariste soit celui qui nous avait proposé le très dispensable In the forest of the night en saison 8 me rendait un tantinet suspicieuse quant au résultat (de l’épisode hein, pas de l’élection, là je pense que ce pauvre homme n’y est pour rien).

 

 

Conclusion ? Si Smile ne restera sans doute pas dans les mémoires (en tout cas pas dans la mienne) comme un grand chef d’œuvre, je l’ai trouvé fort sympathiqueet l’ai d’ailleurs revu le lendemain avec plaisir pour préparer cette review. Cela montre d’ailleurs combien le cerveau humain est versatile parce qu’il a un défaut que je trouve assez souvent rédhibitoire : c’est un véritable patchwork d’autres épisodes de Doctor Who à un niveau je pense rarement atteint dans la série. Je commencerai donc par parler de ces emprunts si clairement assumés avant de me pencher sur ce qui m’a plu dans l’épisode pour finir comme la semaine dernière sur la saison en général. Et comme d’habitude, je serai fort longue puisque le Docteur lui-même assure qu’un cours magistral est l’exact opposé d’un massacre.


I. Un épisode copié-collé

 

In the forest of the night, quels que soient ses défauts par ailleurs, avait la particularité intéressante de tenter de proposer à un public plutôt en majorité branché science-fiction une véritable fable écologique aux relents de conte de fée. C’est clairement un thème important pour l’auteur puisque ce dernier non seulement centre encore une fois son histoire autour d’un conte (ici le magic haddok) mais prouve son attachement considérable au développement durable en nous offrant cette semaine un épisode presque intégralement recyclé. Que ceux d’entre vous qui n’ont pas aimé son travail cette semaine fassent attention : c’est clairement dans la poubelle jaune qu’il faudra déposer son script.

 

Les emprunts plus ou moins (surtout moins^^) subtils à Doctor Who sont absolument partout et je ne tenterai pas d’en faire une liste exhaustive vu que je souhaite tout de même finir cette review avant les résultats du scrutin (note de la Tyr du futur sur le point de poster ce pavé, j'ai lamentablement échoué). La société futuriste qui doit sous peine de mort toujours donner l’impression d’être heureuse est une reprise directe de l’épisode classique The Happiness patrol (à voir ABSOLUMENT puisqu’il contient non seulement un TARDIS rose bonbon mais le monstre le plus ridiculement hilarant de tout le whonivers, foncez voir ça si ce n’est pas déjà fait^^). Le parallèle est d’autant plus flagrant qu’il s’agit d’un épisode du 7eme Docteur qui lui aussi a un accent écossais prononcé et qui, comme Twelve, est juste un des Docteurs dont le caractère se prête le moins à atterrir sur une planète où il faut sourire tout le temps.

 

Les fans de la nouvelle série quant à eux auront sans doute repéré le thème de la créature créée par les humains et utilisée comme outil mais qui développe une vie propre (cf la flesh en saison 6) même si ce thème est plus généralement un lieu commun de la science-fiction depuis Frankenstein. L’idée d’une émotion qui devient une épidémie mortelle est exactement l’intrigue de Gridlock (le Docteur reprend même l’expression « happy happy » de cet épisode) et le fait de devoir faire ou éviter un réflexe physiologique pour combattre le danger de la semaine est probablement le moffatisme le plus utilisé (Don’t blink, don’t breath, listen, don’t look away, don’t look et maintenant smile). Plus flagrant encore, le TARDIS qui arrive sur une planète clairement faite pour les humains mais étrangement vide et peuplée de robots qui vous tuent pour votre bien est l’exact scénario de The girl who waited.

 

DretBillAjoutez à cela des brefs moments « hommages » comme le Docteur qui tient un crâne à la Hamlet (Heaven sent), celui où les victimes sont dévorées très rapidement de manière à ne laisser que les os (coucou les Vashtra Nerada) ou celui où le Docteur se propose comme négociateur entre les humains et une race alien avec laquelle ils doivent partager une planète après un effacement de mémoire (l’épisode des 50 ans) et nous avons là un épisode qui semble vraiment très…trop inspiré du travail des petits camarades du scénariste : disons que si un de mes élèves me rendait une copie de ce genre, ce serait difficile d’éviter le zéro.

 

Et pourtant, alors que ce genre d’emprunt trop appuyé m’a parfois complètement fait sortir de certains épisodes, cela m’a profondément amusé ici. Pourquoi ? Parce que le scénariste fait une chose que j’adore : assumer complètement sa « tricherie » et en jouer avec le spectateur. Pour s’en convaincre, il suffit de voir avec quelle jubilation il utilise le cliché du « reset button » si détesté des fans, faisant d’ailleurs en sorte que plusieurs personnages nomment cette résolution par ce terme exact et le faisant reformuler par Bill de manière un peu méprisante : « he turned it off and on again ». C’est d’autant plus drôle que cette reformulation est la phrase la plus connue de la série britannique The IT crowd- qui raconte la vie de membres de la hotline d’une entreprise- et que Bill compare précédemment le Docteur à la « helpline » de l’univers. Je n’y peux rien, je n’ai jamais su résister aux jeux sur l’intertextualité.

 

Mais pour ceux qui doutent encore de l’aspect extrêmement assumé de ces emprunts, il suffit de remarquer que les plus évidents d’entre eux viennent tous… des épisodes 2. Presque tous les épisodes 2 de la série de 2005 en fait. On commence directement par un gros clin d’œil au 1x02 The end of the world puisque, comme Rose, Bill doit choisir entre le passé et le futur, choisit ce dernier et est emmené par le Docteur à un moment qui lui fait réaliser que la Terre est fichue et que les seuls humains sont ceux qui ont colonisé l’espace. Le passage où le Docteur s’escrime à retenir le volant de la machine prête à exploser et crie qu’il a besoin d’un coup de main est d’ailleurs très proche de la résolution du 1x02 où la femme arbre se sacrifie. Le 2x02 (New Earth) quant-à lui amenait Rose sur une planète futuriste apparemment utopique où des êtres animés d’excellentes intentions (guérir toutes les maladies) se livraient à des actes atroces : inutile je pense de souligner les similarités.

 

Le 3x02 et le 4x02 ne se prêtaient pas au jeu (ce sont des épisodes historiques) mais j’ai déjà fait remarquer la grosse similitude avec le 3x03, Gridlock et le 4x03 (planet of the ood) nous parle comme par hasard d’une race « esclave » des humains qui va finir grâce au Docteur par prouver sa sensibilité et avec qui il faudra désormais partager la planète. Quant-au 5x02, the beast below, c’est probablement l’épisode dont Smile se rapproche le plus, ne serait-ce qu’avec le nom des robots à la face changeante utilisés dans ledit épisode.... les Smilers. Le Docteur lui-même nous montre du doigt la ressemblance lorsqu’il explique à Bill ” Earth was evacuated but there were a number of ships. I've bumped into a few of them over the years.” Il enfonce le clou lorsqu’il lui fait remarquer que le bâtiment est composé de Vardies et lui dit “smile, you’re in the belly of the beast. Nous avons même droit à une blague presque identique sur le fait que même dans l’espace et dans le futur les Écossais souhaitent systématiquement leur indépendance.

 

Le 6x02 ne pouvaient pas fonctionner (c’est la 2eme partie d’un double épisode, ce qui est plus délicat) mais le 6x03, le terrible Curse of the black spot, nous montre une intelligence artificielle qui attaque en croyant guérir. On retrouve carrément le buste d’ un personnage du 7x02 (dinosaurs on a spaceship), Nefertiti, déplacé et admiré par le Docteur puis sa compagne au cas où le spectateur n’était pas attentif. Quant-au 8x02, Into the dalek, il contient la fameuse et fort dérangeante scène où le Docteur et ses compagnons du moment se retrouvent à patauger dans ce que le Docteur identifie-en plaisantant, ce qui passe fort mal- comme des restes humains. Or, ici, Bill passe sa main sous le « fertilizer » que le Docteur identifie peu de temps après comme le reste du « skeleton crew », blague d’un tout aussi mauvais goût mais qui m’a tout autant fait rire. Smile Enfin, le 9x02 (the witch’s familiar) nous offre lui aussi le thème du mur composé du monstre de la semaine (les daleks en décomposition dans les égouts).

 

robots tueursBref, si une ou deux occurrences pouvaient être une coïncidence, je pense que cette avalanche de ressemblances est clairement voulue et, une fois que j’ai fini par comprendre le principe, je me suis bien amusée à tenter de repérer les suivantes. Nous avions tous repéré combien l’épisode 1 ressemblait à Rose, le pilote de la version 2005 : il semblerait que Moffat ait donné l’instruction au scénariste de faire en sorte que son épisode rappelle le 1x02 et que ce troll ait décidé de pousser le délire un peu plus loin.

 

Il couronne le tout en utilisant également (pourquoi se priver ?) quelques gros clichés de la science-fiction comme la chose se glissant subrepticement dans l’oreille et permettant de communiquer (voir par exemple le babel fish de H2G2) ou le fait que le vaisseau spatial se pose sans raison loin de l’endroit où l’action a lieu (voir par exemple l’arrivée du méchant au début du dernier Star wars). Pour conclure cette trop longue partie (j’avais pourtant dit que je ne serai pas exhaustive), il est clair que nous sommes ici dans l’emprunt non seulement assumé mais joyeusement revendiqué, ce que je pardonne aisément tant que ça ne se reproduit pas trop souvent.

 

II. L’épisode « original »

 

Malgré tous ses efforts, le scénaristes n’a malgré tout pas copié l’intégralité de l’épisode et je dois admettre que ce qui est vraiment de lui (enfin, pour autant qu’on puisse être vraiment original dans un genre comme la science-fiction)est ma foi plutôt charmant. Déjà, je le trouve esthétiquement très réussi avec ce contraste entre le magnifique bâtiment high-tech sur sa planète luxuriante et le vaisseau plus cyber-punk à l’apparence délabrée (quelques siècles sans ménage je suppose^^) et aux tuyaux apparents. Wet brain Vs dry brain : j’aime beaucoup. J’ai bien apprécié aussi les détails plus subtils montrant comment la colonie compte «conditionner» ses occupants au bonheur en choisissant pour eux des prénoms comme Sunshine ou Hopeful ou en insistant sur leur bonté dans le message automatique qui les réveille (« my good people, my very good people ») .

 

robotchoupiQuant-aux robots, enfin aux interfaces robotiques, mais qu’ils sont choupis ! Je n’ai jamais su résister au « kawai » (vous m’auriez entendu glousser devant les Adiposes…) et ces petits robots avec leurs yeux en smileys m’ont fait fondre. Je sens arriver la bonne aubaine pour le département merchandising de la série.

 

Je trouve également l’idée du badge révélant l’humeur de son porteur très intéressante, en particulier le fait très bien trouvé qu’on ne puisse pas voir sa propre humeur (ce qui en effet l’influencerait), que le simple fait de sourire puisse influencer celle-ci et surtout que ledit badge se situe à l’arrière, ce qui non seulement permet de conserver une certaine intimité mais, comme le réalise Bill, favorise le contact visuel et donc la communication. Bon, par contre, puisque les robots ont visiblement besoin des badges pour « lire » les émotions des gens (c’est comme ça que j’ai compris le fait que le robot laisse passer le Docteur lorsque ce dernier se retourne pour montrer son badge souriant), il suffisait que le Docteur dise aux gens de la colonie de ne surtout pas accepter le badge des robots pour résoudre le problème. Admettons donc qu’ils n’en aient pas besoin et que le Docteur a uniquement montré son badge parce que son sourire était à peu près aussi convaincant qu’un élève expliquant que son chien a mangé son devoir.

 

J’ai également été assez sensible à l’humour cette semaine très visuel (emojis oblige) de l’épisode. Mention spéciale au robot affichant le smiley « pounds » lorsque le Docteur négociateur parle de loyers possibles, qui m’a fait éclater de rire à 23h, sans doute à la joie très relative de mes voisins. Je regrette juste que le scénariste ne soit pas allé au bout de la blague en mettant des smileys « euro », ce qui signifierait que le royaume uni du futur aurait choisi de rejoindre la monnaie unique et aurait fait rager les votants du Brexit : le scénariste avait pourtant montré son côté troll dans son jeu sur les emprunts, il a raté là une superbe occasion de faire exploser Gallifreybase.

 

Enfin, j’ai trouvé la résolution très sympathique. Bon, pas forcément le coup du reset button, drôle mais facile, mais le fait que les Varies deviennent des formes vivantes à part entière (j’ai aussi trouvé intéressant que l’instinct de préservation soit ce que le Docteur considère comme preuve irréfutable de la vie) avec lesquelles les humains vont devoir composer puisqu’ils sont après tout les derniers arrivés. Comme Bill le réalise, elle et le Docteur sont donc à l’origine de la création d’une race nouvelle, ou du moins de sa reconnaissance en tant que race à part entière et du fait qu’elle soit pacifiste (et financièrement intéressée^^).

 

robotstueurs2Mais ce qui m’a le plus plu est le fait que le scénariste (décidément très troll) s’amuse à donner systématiquement des indices sur ce qui va se passer peu de temps après, indices en général trop subtils pour qu’on puisse les repérer à premier visionnage (d’où le fait que j’ai autant apprécié le second).

 

Cela commence dès que le Docteur met les pieds dans la cité et loue l’optimisme des humains, s’écriant alors « -Do you know what this building is made of? Pure, soaring,.optimism. » alors même qu’un nuage de Varies est effectivement « soaring » au dessus de lui. Cela annonce non seulement de quoi sont fait les murs mais aussi quel est le but des Varies : imposer un pur optimisme. Puis, peu après, on découvre que les robots « speak emoji », ce qui là encore donne une indication sur le problème qui a donné lieu à l’attaque des Varies : les emojis sont par définition l’exagération, presque la caricature d’un sentiment, il est donc évident qu’une race communiquant uniquement par emojis n’aura aucun moyen de comprendre un sentiment nuancé comme le deuil, mélange subtil de chagrin, de regrets, de nostalgie et même de bons souvenirs. Cela risque d’ailleurs de rendre sacrément difficile la cohabitation entre les deux races, je me demande ce qui se passera la première fois qu’un humain tentera par exemple d’utiliser le sarcasme.^^

 

Comme je l’ai déjà dit, l’expression « skeleton crew » (l’équipage minimal pour les non anglicistes) prend peu de temps après un tout autre sens lorsque le Docteur et Bill réalisent ce qui s’est passé et il est intéressant de constater que l’on voit le fertilizer en arrière plan lorsque le Docteur prononce ces mots pour la première fois. Enfin, on retrouve le thème (plutôt typique d’Eleven habituellement) du Docteur dont l’inconscient a compris la résolution avant son cerveau lorsque Twelve, sans trop comprendre pourquoi, ne cesse de penser au conte du « magic haddock ». Quiconque connaissait ledit conte avait donc déjà une grosse indication sur la résolution « reset button » de l’épisode. Bref, un spectateur très attentif avait toutes les clés pour décoder l’épisode sans que ce soit non plus une évidence, j’aime bien.


III. L’épisode dans sa saison

 

planèteCet épisode, bien que complètement indépendant dans son intrigue, a néanmoins une importance dans la saison. Maintenant qu’on nous a présenté la nouvelle compagne il nous faut la découvrir dans ce rôle et, surtout, découvrir son interaction avec le 12eme Docteur lui-même en perpétuelle évolution. Enfin, l’épisode doit également continuer à raccrocher les nouveaux spectateurs en leur résumant plus de 50 ans de série. Pas de pression les gars !^^

 

Pour ce dernier point, l’épisode se concentre sur les particularités du TARDIS. On commence par découvrir son système de navigation ma foi fort bien résumée par le Docteur : you don't steer the TARDIS,you negotiate with it. The still point between where you want to go...and where you need to be,that's where she takes you” puis nous (ré)apprenons que le Docteur l’a volé. Nous découvrons enfin, grâce aux talents de détective de Bill (qui sait lire et a pensé à regarder ce qui est écrit en gros sur la porte^^) que son apparence de police box n’est pas anodine et que la raison donnée par le Docteur (« it’s stuck ») est un…heu…comment dit-on aujourd’hui ? Un fait alternatif !^^

 

Les nouveaux arrivants, par le biais de la nouvelle compagne, ont également droit à une leçon sur un des thèmes dominants de la série (et de la science fiction en général) : le fait que les races aliens puissent être extrêmement diverses et éloignées de ce que l’on connait mais n’en sont pas moins digne de respect. Ainsi, Bill est reprise vertement par le Docteur lorsqu’elle dit trouver les Varies décevants : « l That's a very offensive remark. Don't make personal remarks like that. » Lorsqu’elle persiste à penser que l’on ne peut pas vexer un robot, le Docteur la taxe alors de « typical wet brain chauvinism » et la fin de l’épisode lui donne raison puisque les Varies accèdent au statut de race à part entière.

 

Pour ce qui est du personnage de Bill, je suis ravie de constater qu’elle me plait toujours autant. Elle a un visage très expressif et, surtout, continue de faire preuve de normalité comme le montre sa réaction, la seule logique quand on est emmené sur une autre planète dans un futur lointain : « I’m not thinking, my brain is overloading ». Encore une fois, même pour une fan assumée de science-fiction (très sympathique référence de sa part aux 4 fantastiques d’ailleurs^^) qui a eu le temps de digérer le fait que son prof soit un alien qui voyage dans le temps et l’espace, le premier voyage ne peut QUE être un choc émotionnel violent. Le fait qu’elle l’admette et qu’elle mette également un temps à digérer le fait que le Docteur ait deux cœurs est d’une normalité rafraîchissante.

 

Il semblerait que son trait de caractère principal se confirme : Bill va être le personnage qui amène du bon sens dans un univers qui n’en a que bien peu. Ainsi, elle réalise immédiatement certains points que ni le Docteur ni, je pense, l’immense majorité des spectateurs n’avaient remarqué : par exemple que la chaise est trop loin de la console pour piloter, qu’il manque les ceintures de sécurité (bon, ça je le dis depuis longtemps et je fais la même remarque sur l’Enterprise, vu le nombre de régulations de Starfleet c’est même incroyable^^) ou qu’une application permettant de communiquer automatiquement à distance téléchargée dans son oreille est un tantinet ennuyeuse dans les situations où l’on ne veut pas être entendu (sérieusement, j’aurais pensé à une situation bien plus embarrassante que les toilettes^^). Quant-au fait que sa première réaction sur le fait que le Docteur ait deux cœurs est de se demander s’il a une « very high blood pressure », cela m’a bien fait rire et rappelé la réflexion de la mère de Rose qui se demandait s’il avait d’autres parties du corps en double.

 

Quant-à l’interaction entre les deux personnages, c’est très clairement une relation mentor-élève qui se profile, comme nous pouvions le deviner la semaine dernière : j’en suis ravie! J’apprécie d’ailleurs que l’épisode prenne soin de nous éloigner Nardole afin de laisser l’alchimie se créer entre le Docteur et sa nouvelle compagne. Ce personnage n’ apparaît donc que deux minutes, le temps de renforcer l’idée que le Docteur semble surtout ressentir de l’exaspération à son égard et de nous donner la claire impression qu’il n’apprécie pas particulièrement les humains (ce qui me conforte dans l’idée qu’il est en fait intégralement robotique et non pas un homme à corps de robot). Pour en revenir à Bill et au Docteur, l’idée d’une relation prof-étudiante est renforcée par les références du Docteur à son nouveau travail (il va ainsi faire une « lecture » aux colons afin de les calmer^^) mais aussi par Bill qui s’exclame que le Docteur est le « best tutor ever ». Les tentatives de ce dernier (évidemment infructueuses) pour se comporter en mentor responsable et l’empêcher de le suivre dans les dangers sont également très mignonnes.

 

BaseCela dit, si la relation n’est donc clairement plus aussi égale qu’entre une Clara doctorisée et un Twelve très dépendant d’elle, Bill n’est clairement pas prête à accepter n’importe quoi de son tuteur. Ainsi elle est la première compagne qui apprend que le Docteur a volé le TARDIS à exprimer certes de l’amusement mais également une pointe de reproche, c’est en tout cas comme ça que j’ai pris le fait qu’elle lui demande ce qu’il se passerait si elle le lui volait à son tour.

 

Enfin, elle n’hésite pas à demander au Docteur de quel droit il peut ainsi exploser ce vaisseau, et cet exemple n’est pas anodin. En effet, j’ai souligné tout à l’heure la ressemblance entre Smile et the Happiness Patrol ainsi que plusieurs épisodes où Rose était la compagne. Or, Rose a rencontré le Docteur au moment où ce dernier fait exploser son lieu de travail et ne lui a jamais réellement reproché, se contentant d’y faire allusion de manière sarcastique lorsque Jack réagit au fait que Nine ait fait exploser une fabrique d’armes pour y faire construire une bananeraie. Quant-à la compagne de The Happiness Patrol, Ace, elle est justement connue pour son amour immodéré des explosions. Bill, par cette simple question, tranche donc avec les compagnes que les fans avaient probablement en tête en regardant cet épisode et se pose comme un personnage qui ne va pas laisser son admiration réelle pour son mentor l’empêcher de le remettre en cause lorsqu’elle trouve ses décisions moralement discutables.

 

Pour conclure sur Bill, j’apprécie fort que sa remarque en voyant qu’elle n’a pas la même ration que le Docteur (« Is there going to be food sexism even in the future? Is this bloke utopia?” ) parce qu’elle atténue justement sa blague de l’épisode précédent sur la jeune fille qu’elle avait rendue grosse et que j’avais trouvée si limite. Est-ce un hasard ou un fait voulu, je n’en sais rien puisque j’ignore si le scénariste connaissait le contenu de The Pilot ou si Moffat est celui qui a demandé à rajouter cette blague pour contrebalancer celle de l’épisode précédent. En tout cas c’est fort bienvenue.

 

Pour ce qui est du Docteur, les fans n’apprennent pas grand-chose de nouveau si ce n’est que Twelve s’est clairement beaucoup humanisé au contact des étudiants et n’a plus l’aspect quasi autistique des premières saisons. La seule véritable révélation est une possible explication du manque d’appétit du Docteur, que l’on ne voit quasiment jamais manger dans la série : il a juste rencontré trop de formes de vie différentes. « I'm not that fond of fish,except socially, which can complicate a meal like this.” avoue-t- il à Bill, possible référence au fameux Jim the Fish don’t River et lui nous ont déjà parlé (cela n’avait cela dit pas l’air de gêner 11, grand amateur de fishfingers). Même les algues ne peuvent pas être au menu puisqu’un empereur composé d’algues l’a déjà dragué (son ton et son expression lorsqu’il le raconte à Bill sont d’ailleurs très drôles). Nous l’avons déjà vu interagir avec des arbres humanoïdes, des hommes chats, des boules de graisse sur patte… au bout d’un moment, il ne doit plus lui rester grand-chose de comestible qui ne lui rappelle pas un pote ou deux.

 

Bill DrLes nouveaux spectateurs, quant-à eux, ont droit à un rapide résumé des caractéristiques physiques et morales importantes du personnage, de ses propres mots «a scary, handsome genius from space ». Il a deux cœurs et est télépathe puisqu’il peut ressentir les derniers instants de la personne dont il examine le crâne (Twelve est définitivement plus puissant que son prédécesseur, obligé de donner de violents coups de boule pour utiliser ses pouvoirs). D’ailleurs, je ne sais pas si cela vient du fait qu’il est effectivement un télépathe plus puissant que ses incarnations précédentes (il peut même comprendre les portes comme on le voit dans Heaven sent^^) ou si c’est une conséquence de son traumatisme de fin de saison 9 mais il a une légère tendance à vouloir effacer les mémoires : deux épisodes sur deux qu’il tente de le faire ! Sinon, les néophytes découvrent également que le Docteur aime le danger, est capable malgré son génie de monumentales erreurs (il est à deux doigts de détruire la race humaine en voulant la sauver) et a tendance à faire croire qu’il a un plan avant d’en avoir réellement un.

 

Il n’hésite pas non plus à faire semblant de ne pas entendre lorsque cela l’arrange (ce qui est un super-pouvoir de prof, rien d’étonnant^^). Ainsi, dans l’épisode précédent, il semblait ne pas entendre lorsque Bill lui demandait comment le tapis qu’elle lui avait offert pouvait se retrouver sous le TARDIS alors que ce dernier était censé ne pouvoir être soulevé que par une grue. Cette semaine c’est lorsque Bill réalise que la Terre a probablement subi une catastrophe et lui demande confirmation qu’il fait mine de ne pas entendre, soi-disant à cause du bruit de la machine. Enfin, c’est Bill qui va résumer pour les nouveaux spectateurs ce qu’elle vient elle-même de comprendre et qui définit le plus le Docteur : il est incapable de laisser qui que ce soit en danger ou de laisser à un autre le soin de sauver les personnes en détresse. Il a beau s’en défendre, le titre de policier de l’univers lui va plutôt bien.^^

 

Pour finir sur le fil rouge de la saison, nous avons effectivement un début d’explication sur le mystérieux coffre grâce au Docteur : « A long time ago, a thing happened. As a result of the thing, I made a promise. As a result of the promise, I have to stay on Earth. Guarding a vault. » Cela nous apprend donc… absolument rien de nouveau ! Merci Docteur pour ce grand moment de vide digne d’un discours de Macron… ou, je dois l’admettre, des cours d’une prof crevée le lendemain d’une soirée électorale qui n’en finissait pas. Il a vraiment bien intégré les ficelles du métier depuis qu’il bosse à l’université ! J’éviterais donc de théoriser sur du vide même si je suppose qu’on peut à la rigueur penser que le fait que Nardole pousse autant le Docteur à ne pas rompre sa promesse pourrait laisser croire qu’il est lié à ce fameux coffre ou à la personne à qui le Docteur a fait la promesse. Ou alors c’est juste un majordome pointilleux, ou un robot mal réglé. Bon bah voilà, j’ai théorisé : je suis incorrigible !


Pour conclure, j’ai trouvé que malgré ses facilités certaines (et souvent assumées) cet épisode était très agréable et étonnamment rafraîchissant. Est-ce dû à la nouvelle compagne, à cette interaction plus classique entre cette dernière et le Docteur, à une certaine simplicité reposante dans le scénario ou à mon absolue incapacité à ne pas fondre devant les robots choupis, je ne sais pas. Je trouve en tout cas que cette saison commence très bien et je commence déjà à appréhender la mort de Twelve (et la disparition de son délicieux thème musical). Félicitations donc au scénariste, dont je n’attendais franchement pas grand-chose. Je conclurai par les mots qu’il fait dire au Docteur et qui désignent à mon avis tout autant son travail que la tentative de sabotage que Twelve tentait d’accomplir à ce moment (celui-ci regarde même la caméra en les prononçant, signe en général d’une explosion de 4eme mur imminente) :« This isn’t as easy as it looks ».

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