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Interview d'Aden Young au TV Fest 2013

aden youngCette année encore, nous avons eu la chance d'être invités à participer au Festival de la Télévision de Monte Carlo début juin pour interviewer et photographier ceux qui font la télévision et les séries.


On continue la découverte de nos interviews monégasques avec un bel acteur vraiment sympathique, très intelligent qui nous a parlé de façon très philosophique de son rôle et qui n'a pas hésité à nous raconter quelques anecdotes.

 

Lors d'une table ronde, nous avons eu l'honneur de rencontrer Aden Young, Daniel Holden dans Rectify, dont la saison 1 a été diffusée en France en mai 2013, et dont la saison 2 est attendue pour 2014 aux Etats-Unis sur Sundance Channel. Vous avez aussi pu le voir dans The Starter Wife et dans plusieurs films.

 

Comme d'habitude, les questions viennent donc en partie de notre équipe et en partie des autres journalistes présents lors de la table ronde et les risques de spoilers sont mentionnés.

 

Question : Ce que votre personnage fait, en sortant de prison, est très différent de ce qu'on voit d'habitude dans ce genre de situation. Qu'en pensez-vous ?
Aden Young : C'est ça qui est bien. D'habitude, ils achètent une bière, ils vont voir une prostituée et frappe n'importe qui d'autre. L'ensemble de la scène. Et en le voyant, je me suis dit "waouh, c'est vraiment différent". Ce gars sort et fait un discours sur sa situation et il va dormir. Brillant. C'était vraiment une façon différente d'approcher l'idée. Une réelle émergence dans un monde qui a essayé de le tuer. Et comment vous gérez ça quand vous réalisez que votre personnage est presque paralysé par la relance de ce monde. Il est comme un homme qui tombe sur Terre et se demande "Où je suis ? Et qui sommes-nous ? Qui êtes-vous ? Qui suis-je ?". Donc, c'était vraiment vivifiant à lire mais c'est vraiment le second épisode qui m'a conduit à m'interroger sur ces questions, sur qui est ce personnage, sur quelle est son histoire.

 

Q : La grande différence avec les autres séries est que c'est vraiment lent et vraiment dans l'analyse. Quelle est votre pensée à propos de cela ?
A.Y. : Et bien, vous savez, mon passé est surtout le cinéma donc pour moi, ça ne semble pas très différent. Maintenant, les gens réagissent, en en parlant, le voir est vraiment différent. Cela me fait dire oh, zut, j'imagine que c'est le cas d'une certaine façon. Mais il y a certainement un repos, une offre de grâce pour les téléspectateurs pour dire... parce qu'elle ne répond pas aux questions, elle pose des questions philosophiques et des questions sur la séparation entre votre relation avec vous-même et votre relation avec les choix que vous avez fait dans votre vie. Les prémisses d'un homme qui est, vous savez, incarcéré, et qui est libéré. Ce sont les prémisses qui pourraient vous servir, les prémisses qui peuvent servir quiconque qui réaliserait soudain "oh, c'est ce que je deviens". Et si, et si ? Ce sont les mots qui surviennent. Et vous savez, vous avez cette conversation tout le temps avec vous-même donc je pense que d'une certaine façon, ces passages contribuent à faire entrer cette réflexion dans l'expérience de visionnage de la série. Et à certains égards, cela permet un certain lyrisme qui se connecte avec la terre et nous-mêmes et la nature de Daniel est dans son calme en cette période d'incarcération, un sanctuaire qui en a fait quelqu'un qui comprend le temps un peu plus simplement que la plupart des gens. La plupart des gens se précipitent, je veux dire, regardez maintenant, je peux parler plus vite (rires).

 

Q : A votre avis, Daniel est innocent ou coupable et est-ce que ça fait une différence dans votre façon de l'interpréter ?
A.Y. : Euh, je ne sais pas. J'ai demandé si on allait me dire s'il est coupable ou innocent et la réponse fut "aimerais-tu savoir ?". Et c'est donc devenu un débat entre qu'est ce que la culpabilité et qu'est ce que l'innocence. Parce que la pure innocence n'existe pas comme nous le savons. Jung (ndlr : Carl Gustav Jung) a dit : "si vous me demandez ça pour écrire mes mémoires, tout ce que je pourrais vous dire serait un grand "Je"". Parce que personne ne pourrait jamais vraiment révéler la vérité. Même dans les moments les plus sombres, vous ne direz jamais la vérité. C'est juste notre nature. Donc, d'une certaine façon, c'est une partie de cette philosophie. Est-ce que je voudrais savoir si Daniel est innocent ou coupable ? Je pense que la puissance, la grandeur d'une bonne histoire est bien au-delà des couleurs primaires de tant de séries télévisées d'aujourd'hui. Je veux explorer les nuances entre les deux. Je veux prendre du recul par rapport à ça comme dans une expérience. Vous savez, il y a un effort dans cette expérience de condamné à mort, vous en faîtes un monstre, vous voyez. Mais s'il devait être un monstre, vous ne pouvez pas dissocier ça de cette façon. Et c'était un effort à faire. Et on pourrait dire que son choc d'entrer dans ce monde lui ramène une certaine innocence. Cet homme qui était mauvais a été condamné. Donc la question n'est pas de savoir s'il est innocent ou coupable, la question est qu'il l'était pour les autorités.

 

Q : Quelle est la chose la plus bouleversante dans votre interprétation de Daniel ?
A.Y. : La chose la plus difficile dans le fait de jouer Daniel fut de le lâcher parce que ça requiert une certaine rudesse que je n'avais jamais réalisée avant. Je sentais que je devais baser sur une réalité ce que nous tentions car ça avait un rapport avec le sujet du couloir de la mort et la réalité controversée qui existe avec tous ces débats mondiaux. Il ya des gens qui ont subi ces outrages. Vous savez, l'indignité d'être placé dans cette cage alors qu'ils sont innocents et puis aussi les victimes de ces crimes, les familles de ces personnes mortes qui doivent trouver un moyen de continuer leur vie, de continuer dans cette société où on peut permettre à ces monstres de marcher en toute liberté. Ainsi, lorsque vous entrez dans ce rôle, vous avez à dire comment vous allez équilibrer la fiction avec la réalité. Et donc j'ai dû tout dépouiller pour un tel jeu, j'ai dû entrer dedans de manière si réelle et donner tellement de ma propre vérité. C'est en quelque sorte un tri dans un coin de ma tête : ce mal, cette perte. Et quand nous avons fini, je me souviens qu'il fut difficile de le laisser partir. Je voulais qu'il parte. Vous voyez, je pensais "Dégage, Vas-t'en !". Mais il est resté coincé. Vous savez, j'ai deux beaux enfants, une belle femme, et je viens de faire cette merveilleuse série. Je vivais un moment merveilleux dans ma vie et j'étais vraiment triste. C'était tellement confus. Ma femme m'a appelé une fois et m'a dit : "où es-tu ?", j'ai dit "je suis en ville", elle a dit "que fais-tu en ville à une heure d'ici ?", j'ai dit "j'ai pris un train dans le centre juste pour faire un tour", elle continue "que fais-tu ?" - "Je suis debout au coin de la rue" - "Depuis combien de temps t'es là ?" - "4 heures. Je ne sais pas quoi faire, je ne sais pas quoi faire, j'ai faim. Tout ce que je sais c'est que j 'ai faim.". Je venais d'arriver là et je restais là debout à me dire "vas t'en" et je ne pouvais pas bouger. Ce fut un ami qui m'a trouvé un moyen de reprendre le contrôle. Je lui dois tout à un certain degré. Le personnage ne voulait plus me quitter (rires). J'avais besoin d'un exercice, vous voyez, presque besoin d'un prêtre pour dire "ne reviens que cet automne !" (Rires). J'avais besoin de cette distance parce que vous devez donner cette réalité aux gens qui vivent cette réalité même en sachant que c'est une fiction. Et cette réalité a commencé à vraiment faire mal que quand on a cessé le tournage, alors j'ai dit "nous avons fini, allons boire un verre !". C'est facile, vous voyez. Et puis nous sommes revenus, et j'étais là et la peine est arrivée. J'ai commencé à me dire "ce que tu es vraiment triste" et je dû faire avec, vous voyez.

 

Q : Et ça vous est déjà arrivé pour d'autres rôles ?
A.Y. : Cela n'est jamais arrivé avant.
Q : Est-ce que ça vous a effrayé ?
A.Y. : Oui. J'étais pétrifié. Ce n'était pas facile dans mon esprit. Mais je savais ce que c'était, je savais pourquoi. C'est une grande chose de devoir rester dans un endroit où vous savez que vous allez mourir et puis vous savez que vous allez vivre et vous êtes condamné à faire les deux. Vous ne jouez pas pour le divertissement. Je n'ai pas l'impression que Rectify soit le genre où on s'assied avec quelques pop corns. Je sentais que c'était le théâtre d'une complicité, vous voyez, même par l'acte de la regarder, c'était plus comme du théâtre. Vous êtes maintenant complice de son parcours, le parcours de cette histoire, de cette famille et de ce budget.

 

Spoiler saison 1 :

 

Q : Il y a beaucoup de choses terribles qui arrivent qu'on ne voit pas venir comme par exemple quand votre personnage parle avec son demi-frère pendant le golf et qu'il lui parle des viols. Cela arrive petit par petit et c'est terrible...
A.Y. : Nous avons travaillé très dur sur ça, Ray (McKinnon, le créateur) et moi. Nous pensons que parfois, c'est nécessaire de parler de ça. Ce n'était pas juste histoire d'en dire un peu plus sur ce qu'il s'est passé afin qu'il agisse différemment en sachant. J'étais plus intrigué par l'idée de ce qui se passe quand vous tentez de contrarier quelqu'un et vous allez vous exercer et ça va vous blesser mais vous le faîtes. Et puis, l'acte de mettre en place votre coup est de l'adrénaline et quelque chose en ressort et c'est de plus en plus puissant, vous ne pouvez plus arrêter et c'était comme une purge. Et je voulais avoir toutes ces nuances plutôt que juste une volonté de blesser. Cela devait être une souffrance, ça devait le blesser de tout sortir. J'avais besoin de cette rupture. Et puis vous vous souvenez qu'il combat essentiellement ses propres démons. Et c'était un monde de souffrance et c'était une excellente journée de travail. Ensuite, vous prenez de la distance avec ça (rires).

 

Q : Dans Rectify, on vous voit en quelque sorte dans deux univers, d'une part dans le présent avec votre famille et d'autre part, en flashbacks dans la prison, quelles scènes préférez-vous tourner et pourquoi ?
A.Y. : J'adore tourner sur les lieux. La majorité des scènes du couloir de la mort sont tournées en studio. Nous avons fait un tournage en prison et je vais vous raconter une histoire, c'est une bonne histoire. Ce jour où on devait tourner, je m'étais récemment coupé les cheveux car je devais les avoir courts et c'est arrivé très rapidement, c'était comme une coupe de prisonnier et ils me les ont coupés en à peine 3 minutes et personne ne savait à quoi je ressemblais. Et donc je devais retrouver les autres acteurs et donc je m'approche d'eux et il y avait les caméras sur eux. Et ils ne pouvaient pas y croire, et c'était une véritable reconnaissance parce que la lecture du "oh mon Dieu, il est libre" est aussi le moment de "Oh, c'est Aden !", vous voyez. Et nous avons travaillé magnifiquement de cette façon. Mais, ensuite, nous tournions une séquence où il sort juste de prison, et le script dit "Daniel enlève ses habits de prisonnier" et dès que nous commençons à tourner, j'enlève mes vêtements et tous ces prisonniers commencent à passer, Evan (Dunsky, producteur) commence à crier "Non, remets tes vêtements !". Il ne peut pas faire ça, vous savez, bien sûr, en Europe, vous pouvez, mais aux Etats-Unis, non surtout pas, vous ne pouvez pas montrer de nudité comme ça. J'ai trouvé cela étrange et j'ai juste dit "mais le script dit que je le fais" (rires). Mais c'était une grande entrée dans le tournage et dans le personnage parce que j'étais vraiment comme un bébé. Complètement nu, vous voyez, entrant dans ce monde. Il n'y avait rien à cacher à part à l'intérieur.

 

Q : Être sur une petite chaîne était-il frustrant pour vous ?
A.Y. : Non. J'adorerais être vu par autant de personnes que possible donc parlez-en à tout le monde mais ce n'est pas frustrant parce que cela nous a permis de faire une série selon la vision de Ray McKinnon, vous voyez. Sur une plus grosse chaîne, ils l'auraient changée en quelque chose de différent. C'est la réalité.

 

encore plus aisé à préparer et à profiter de.

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